Géopolitique

La Haute Autorité de la Communication frappe un grand coup : France 24 bannie de Guinée

Le paysage médiatique guinéen subit une onde de choc avec la décision de la Haute Autorité de la Communication d'interdire, de manière exécutoire et avec effet immédiat, la diffusion de la chaîne de télévision France 24 sur l'ensemble du territoire national. Cette sanction musclée redéfinit brutalement les frontières de l'information autorisée dans le pays.
Publié le 25/09/2026 11 vues 3 min de lecture
La Haute Autorité de la Communication frappe un grand coup : France 24 bannie de Guinée
journal télévisé de France24 - Julien Fanciulli le 16 septembre 2026
L'origine du soufflé : un mot de trop à l'antenne
À la racine de cette crise se trouve une séquence diffusée par la chaîne française. En désignant le chef de l'État guinéen, le général Mamadi Doumbouya, par le qualificatif de président putschiste, un intervenant à l'antenne a provoqué l'ire immédiate des autorités de régulation.

Pour la Haute Autorité de la Communication, un tel choix sémantique ne relève pas d'une simple approximation journalistique, mais constitue une atteinte flagrante à l'honneur des institutions républicaines et à la dignité du chef de l'État. Le gendarme des médias a estimé que la ligne rouge délimitant le respect de la souveraineté nationale avait été franchie.

Une mise en œuvre radicale sur tous les fronts
Contrairement aux simples avertissements verbaux ou aux suspensions de courte durée, l'exécutif médiatique a opté pour une mise au ban totale. Les distributeurs de programmes et bouquets, à l'instar de Canal+, ont reçu l'ordre strict de retirer la chaîne de leurs grilles de diffusion. Parallèlement, l'Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications a été mise à contribution pour bloquer l'accès aux sites internet, aux flux web et aux applications mobiles de la station sur le sol guinéen. Enfin, cette décision s'accompagne du retrait immédiat de toutes les cartes d'accréditation professionnelle attribuées aux correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs locaux travaillant pour le média.

Rétropédalage tardif et climat régional tendu
Face à la sévérité de la réplique institutionnelle, la direction de France 24 a rapidement tenté d'éteindre l'incendie. Une communication officielle a été transmise au sommet de l'État guinéen pour exprimer des regrets, plaidant une maladresse éditoriale dénuée de toute intention malveillante préméditée.

Un mea-culpa qui n'a pas infléchi la position de Conakry. Cette sanction s'inscrit au bout du compte dans une tendance lourde observée à travers l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, où plusieurs régimes de transition durcissent le ton face aux médias internationaux, érigeant la défense de leur souveraineté politique en priorité absolue au détriment du pluralisme audiovisuel traditionnel.
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